Mardi 26 avril, Nicolas Luven remporte la transat Bénodet-Martinique dans un final spectaculaire, où il devance son poursuivant, Thomas Rouxel, de 165 secondes. Cinq jours plus tard, il est rétrogradé à la cinquième place. Au-delà de l'émotion et des polémiques soulevées par «l'affaire Lunven», explications point par point.
Note :
Pris au piège d'une règlementation tatillonne, dont il conteste l'interprétation par le jury, Nicolas Lunven a été rétrogradé de la 1ère à la 5e place de la Transat Bénodet-Martinique.
Photo © Frédéric Augendre (www.frederic-augendre.com)
Stupeur. Cinq jours après l'arrivée de la Transat Bénodet-Martinique, brillamment remportée par Nicolas Lunven (Generali) devant Thomas Rouxel (Bretagne Crédit Mutuel Performance), le jury inflige au vainqueur une pénalité de 35 minutes, qui le rétrograde à la cinquième place et bouleverse le podium.
L'infraction reprochée à Lunven consiste en la présence à son bord, avant le départ, d'une gamelle isotherme en excédent du quota de bouteilles ou de bidons autorisés.
Polémiques, protestations et interrogations en tous genres ont fleuri depuis la décision du jury de la Transat, et l'émotion dépasse de loin le petit cercle des coureurs professionnels et de la classe Figaro. Y avait-il vraiment faute ? L'infraction méritait-elle une sanction de cette ampleur ? Pourquoi avoir attendu cinq jours après l'arrivée, mais surtout vingt-et-un jours après la constatation des faits reprochés, pour délibérer ? Ne pouvait-on éviter un tel pataquès ? voilesetvoiliers.com, qui a interrogé les protagonistes, tente d'apporter les réponses à toutes ces questions légitimes.
1/ Quel est l'objet du délit ?
Une gamelle isotherme, permettant de réhydrater un plat lyophilisé et/ou de tenir un repas au chaud, sans craindre que son contenu ne s'échappe.
2/ En quoi la présence à bord de cette gamelle constitue-t-elle une infraction ?
Le règlement de la classe Figaro définit clairement les volumes ou poids des boissons, vivres et effets personnels autorisés pour les courses de plus de 300 milles. Outre 100 litres d'eau en bidons inamovibles (et plombés) sous la table à cartes, les coureurs peuvent embarquer des boissons ou aliments liquides, par contenant maximum de deux litres, et dans la limite totale de 25 litres. Ces contenants sont mobiles et peuvent être matossés, c'est à dire déplacés dans le bateau en fonction des conditions de navigation. Tous les autres contenants pouvant recevoir un liquide sont interdits, à l'exception d'un sac étanche pour effets personnels, d'une boîte de pharmacie étanche, et d'une cocotte-minute d'un maximum de cinq litres. Sans compter sa gamelle, Lunven était déjà au maximum des 25 litres.
3/ Pourquoi un règlement si précis, voire tatillon ?
Parce que les Figaristes, qui édictent leurs propres règlements au sein de leur association de classe, souhaitent naviguer à stricte égalité de chances. Pour reprendre les mots de Nicolas Lunven, <le texte est fait pour que quelqu'un ne puisse mettre au rappel un bidon de 25 litres d'eau lorsqu'il navigue au près par 25 noeuds de vent, et le vider lorsqu'il est au portant.>
4/ L'organisateur de la Transat intervient-il dans l'élaboration de ces règles ?
Non. Ces règles sont bien édictées par la seule classe Figaro.
5/ Quand l'infraction a-t-elle été constatée ?
Juste avant le départ de la course, dans ce laps de temps particulier, prévu par les règles de classe, où les bateaux sont réputés être déjà en condition de course. Dans cette période, lors de laquelle le règlement prévoit des contrôles aléatoires, plus rien ne peut être embarqué ni débarqué des bateaux. Et un manquement aux règles sur le matériel est considéré comme une infraction.
6/ Lunven était-il le seul en cause ?
Non. Quinze bateaux, sur les dix-sept participants, ont été tirés au sort pour contrôle. Un jaugeur a constaté une infraction sur les voiliers de Nicolas Lunven, Francisco Lobato, et Anthony Marchand, qui prendront tous la même sanction après l'arrivée.
Le Generali de Nicolas Lunven, bâbord amures au départ de la Transat. Le contrôle du jaugeur dans les moments précédents, et la réclamation à venir du Comité de course, lui réservent des soucis à l'arrivée.
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet-Martinique)
7/ Pourquoi Lunven a-t-il dû débarquer une bouteille d'eau ?
Une fois l'infraction constatée, il lui a été demandé de se mettre en conformité. En débarquant une bouteille d'eau, il passait sous la barre des 25 litres de contenants pouvant recevoir des liquides. Mais cela n'effaçait pas le manquement aux règles précédemment constaté.
8/ Pourquoi conteste-t-il l'infraction ?
Selon lui, les gamelles isothermes n'étaient pas considérées, lors des courses et des saisons précédentes, comme pouvant contenir du liquide. Le texte n'a pas changé, mais <son interprétation a évolué>, estime-t-il, et les jaugeurs auraient dû en prévenir les coureurs. <Jeanne Grégoire (NDLR-4e de la transat sur Banque Populaire) m'a fait remarquer qu'elle rangeait sa nourriture dans des tupperware, et qu'à ce titre, elle pourrait elle aussi être considérée en infraction.> < Même mes bottes, ajoute-t-il, peuvent contenir du liquide.> Sur ce dernier point, il exagère, d'autant que le règlement exclut expressément les bottes (avec le ciré complet et la combinaison de survie) du calcul des poids embarqués.
9/ S'est-il défendu de sa bonne foi auprès du jaugeur lors de ce contrôle d'avant départ ?
Lunven n'a, semble-t-il, pas vraiment discuté. <Lorsque tu pars traverser l'Atlantique, tu as d'autres préoccupations en tête (NDLR-que l'interprétation des règlements) et tu es un peu à l'Ouest sur le sujet.>
10/ Pourquoi la sanction n'est-elle pas intervenue pendant la course, plutôt qu'après l'arrivée ?
Au fil des ans, la voile s'est habituée - lorsque c'est possible - au jugement en direct, sur l'eau, plutôt que sur tapis vert après la course. On avait déjà vu, dès le premier Vendée Globe (il y a plus de vingt ans), le jury accorder en cours d'épreuve une réparation en temps à Loïck Peyron, qui avait aidé Philippe Poupon à redresser son 60 pieds chaviré. Les moyens modernes (mail, téléphone) devraient permettre <d'entendre> en cours d'épreuve les navigateurs solitaires - qui par ailleurs ne rechignent pas à consacrer du temps pour les vacations. Mais de telles dispositions ne peuvent être mises en oeuvre si elles n'ont pas été expressément prévues dans le règlement de l'épreuve, c'est à dire, en l'occurence, les règles de la classe Figaro.
Après une traversée de l'Atlantique, Thomas Rouxel est dans le sillage de Nicolas Lunven. Avec une arrivée moins serrée, les 35 minutes de pénalité n'auraient pas eu les mêmes effets.
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet-Martinique)
11/ Pourquoi le jury ne s'est-il réuni que cinq jours après l'arrivée ?
Le jury était composé de deux Métropolitains et d'un résident en Martinique. La course, nous a expliqué l'organisateur Pierre Bojic, a été beaucoup plus vite que prévu. Il a fallu changer les billets d'avion en catastrophe. L'organisation et les journalistes ont pu arriver à temps, pas les arbitres. Pierre Bojic affirme avoir proposé un vol le 28 avril au président du jury Jean-Pierre Velay, qui aurait souhaité pour raisons personnelles prendre l'avion du 1er mai. Ce dernier dément, expliquant qu'il était disponible dès le 28. Dans les deux cas, c'était déjà bien tard. Sans pouvoir dire si cet élément a joué, il faut rappeler que même pour une épreuve professionnelle, les arbitres sont des bénévoles (défrayés 60 euros/jour), qui ont une vie privée et professionnelle.
12/ N'aurait-il pas fallu s'affoler, et acheminer le jury à l'heure par tous moyens ?
Sans doute. Pierre Bojic dit n'avoir pas été au courant des réclamations pendant au nez de certains coureurs. Là aussi, Jean-Pierre Velay proteste : Jean Maurel, directeur de course rémunéré par l'organisateur, était selon lui parfaitement informé de la situation. Ce n'était d'ailleurs pas un secret. Thomas Rouxel, deuxième à l'arrivée, nous dit en avoir eu vent peu après avoir touché terre.
13/ Comment a été calculée la pénalité infligée à Lunven, Lobato et Marchand ?
Une minute par tranche de 100 milles de parcours, c'est le tarif, incompressible, prévu par les règles de classe pour cette infraction particulière.
14/ Ce règlement laisse-t-il une marge de manoeuvre au jury, pour tenir compte de circonstances atténuantes, ou de la bonne foi du fautif ?
Aucune.
15/ Pourquoi, dans ce cas, réunir un jury ?
Car avant de sanctionner, il faut établir la réalité des faits, au cours d'une audience contradictoire où sont entendus le coureur et le comité de course, représenté en la circonstance par le jaugeur.
La décision du jury de la Transat, affichée ... six jours après l'arrivée. Trois bateaux écopent de 35 minutes pour la même infraction. Le quatrième est pénalisé pour absence de plombs sur le radeau de survie. (Cliquez pour agrandir).
Photo © Document Transat Bénodet-Martinique
16/ Le jury avait-il un autre choix ?
Il pouvait ne pas sanctionner, s'il considérait que les faits n'établissaient pas la faute, c'est à dire le manquement au règlement sur les poids et contenants.
17/ Le règlement est-il trop strict ?
Il est permis de le penser, mais ce sont les coureurs qui en ont décidé ainsi. La règle définissant cette pénalité particulière, précise le président du jury, a été durcie en janvier 2010. Nicolas Lunven, qui préside cette année la commission de jauge Figaro, nous a expliqué avoir proposé cet hiver un assouplissement, mais avoir été mis en minorité au sein du bureau de la classe.
18/ Pourquoi Erwan Tabarly, dont les plombs du radeau de survie avaient sauté, a-t-il écopé d'une pénalité moindre ?
Pour une rupture de plombs la pénalité est au maximum de deux minutes par 100 milles de course. Sur ce type d'infraction, le jury peut donc graduer sa sanction.
19/ Pourquoi Nicolas Lunven n'est-il pas parvenu à faire réouvrir le dossier lors d'une deuxième audience devant le jury, mardi 3 mai ?
<J'avais fait, nous a-t-il expliqué, une demande de réouverture. C'est possible dans deux cas : soit en apportant un élément nouveau dont le jury n'avait pas connaissance lors de la première instruction; soit si le jury estimait avoir commis une erreur significative. J'invoquais plutôt le deuxième cas.> Il n'a pas convaincu.
20/ Pourra-t-il faire appel devant une instance de second niveau de la Fédération française ?
Non. Au même titre que pour d'autres épreuves délivrant des prix en espèces, les jugements délivrés sur cette transat ne sont pas susceptibles d'appel. Ceci, nous a précisé le président de la commission centrale d'arbitrage, avec l'accord des coureurs et des organisateurs, et avec le blanc-seing du conseil d'administration de la FFV.
Thomas Rouxel accueille à contre-coeur cette victoire sur tapis vert. "Dans ma tête, dit-il, c'est Nico qui a gagné".
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet-Martinique)
21/ Comment éviter à l'avenir un tel imbroglio ?
La solution la plus radicale serait de statuer en urgence avant le départ, ce qui permettrait d'imposer à un éventuel fautif un arrêt au stand équivalant à la durée de sa pénalité, la suite de la course se jouant en temps réel. Au minimum, il faudrait pouvoir instruire le cas pendant l'épreuve, grâce aux liaisons satellites. Thomas Rouxel, vainqueur malgré lui de la transat, pense inévitables de devoir creuser cette deuxième piste. Nicolas Lunven est pour sa part assez réservé. <C'est une réflexion intéressante, mais il faut rester prudent, et ne pas partir dans des délires. En course, nous avons juste un téléphone Iridium, pas d'Internet, nous ne pouvons pas consulter un dictionnaire juridique, ni solliciter un avocat...> En est-on si sûr ?
22/ Et dans l'immédiat ?
Convaincu que tout reste affaire d'interprétation sur le statut d'un récipient, Nicolas Lunven souhaite des éclaircissements rapides, avant la Generali Solo, qui se court du 1er au 19 juin en Méditerranée. <Il nous faut au minimum une notice d'explication (NDLR-interprétant le règlement à l'intention des jaugeurs), ou un avenant définissant la notion de contenant étanche.> Ne serait-il pas bienvenu, par ailleurs, de revenir sur le principe de sanctions incompressibles ?
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Ils ont dit :
> Thomas Rouxel (Bretagne Crédit Mutuel Performance), vainqueur de la Transat après jury : <J'ai appris au détour d'une conversation de ponton, le soir de mon arrivée, qu'il y avait réclamation. Mais je pensais que la politique serait plus forte que l'application des règles. C'est sûr que cela chamboule un peu, ce n'est pas très bon pour la course, ni pour la classe. Je n'ai pas l'impression d'avoir gagné, dans ma tête c'est Nico le vainqueur. Ce sentiment changera peut-être avec le temps, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas.>
> Jean-Pierre Velay, président du jury : <Les coureurs sont allés plus vite que prévu, cela a mis Pen Duick (NDLR-société organisatrice de l'épreuve) en difficulté. La priorité a été donnée (NDLR-pour les changements de billets d'avion) au comité de course et aux jaugeurs. Lorsque j'ai posé la question, on m'a répondu que je n'aurais de billet que pour le 1er mai. A 14 h 50, le 1er mai, j'atterrissais à Fort de France ; à 18 h 30, nous commencions l'instruction, à 22 h notre délibération était rendue (...) Ces réclamations n'ont pu se juger en mer, car la procédure n'est pas prévue aux instructions de course ni aux règles de la classe (...) Cela fera probablement partie de mes recommandations. Il est même possible d'envisager un pit-stop (NDLR-arrêt au stand) au départ, ou un stand-by au milieu de l'Atlantique.>
> Nicolas Lunven (Generali), premier sur la ligne d'arrivée, cinquième après jury : <Nous sommes trois à avoir la même gamelle, et c'est la première fois que c'est considéré comme un contenant liquide. Entre les Sables d'Olonne en début de saison et Bénodet, l'interprétation de la règle a changé sans que les coureurs ne soient prévenus. Et le même jaugeur m'avait déjà contrôlé l'an passé (NDLR-sans trouver à redire à la gamelle)... Si on applique les mêmes interprétations sur la Generali Solo, nous allons devoir débarquer nos boîtes de piles et d'ampoules de rechange, nos petits tupperware (...) Nous ne serons même pas capables d'être en conformité.>
> Pierre Bojic, directeur de la société Pen Duick, organisatrice de la course : <J'ai été informé le 28 avril qu'une réclamation était introduite par le comité de course (...) En termes de communication, ce n'aurait pas été mal que l'organisateur soit informé. Avec une arrivée si serrée, et la probabilité de pénalités fortes, nous aurions mis les réserves d'usage (...) Cette histoire n'entache en rien la performance sportive de Nicolas Lunven, on ne peut pas dire qu'il y ait tentative de triche. Mais les règles sont ce qu'elles sont.>
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Les articles réglementaires à connaître pour comprendre (extraits des Règles de Classe)
SUR LES CONTENANTS
H.2.10. Réserves de boisson
H.2.10.1. Un jerrican de 10L, sans robinet, muni d'un cordage, rempli de 9 litres d'eau douce environ jusqu'à l'arrivée, doit être saisi à la droite immédiate de la tête de quille, sous la table à carte, et plombé (fermeture et emplacement). Ce jerrican doit être marqué < SURVIE >, du n° de voile et du nom du bateau.
H.2.10.1.1. Un jerrican de qualité alimentaire de 20 litres pouvant être rempli ou non doit être saisi à la gauche immédiate de la tête de quille, sous la table à carte, et plombé (emplacement).
H.2.10.2. Les contenants de boissons, en conditionnement supérieur à 2 litres et d'un volume total de 100 litres minimum en au moins quatre contenants, doivent être solidement saisis de part et d'autre de la tête de quille, sous la table à carte, et plombés (emplacement). Ils doivent être remplis au minimum de 100 litres au départ. (Le jerrican de qualité alimentaire (H.2.10.1.1) de 20 litres est inclus dans les 100 litres minimum).
H.3.1.3. Tableau récapitulatif et conditionnement des poids embarqués
Le poids maximum du matériel mobile embarqué défini par les tableaux de H.2.1.1.b et de H.3.1.1.b des boissons, des vivres, et des effets personnels est donné par le tableau ci-dessous. Cependant, une paire de bottes, un ciré complet et une combinaison de survie par équipier ne sont pas compris dans les poids embarqués.
Les contenants vides (bidons, bouteilles) sont comptés pour pleins. Voir H.4.1. (...)
H.3.1.3.1. Conditionnement des poids embarqués
H.3.1.3.1.1. Des boissons et/ou des aliments liquides d'un conditionnement minimum de 0,30 litres et/ou maximum de 2 litres sont autorisées.
pour les épreuves de catégorie 1 en solitaire : d'un volume inférieur ou égal à 25 litres.
H.4 ÉQUIPEMENTS ET USAGES INTERDITS
H.4.1. Les jerricans ou tout autre contenant pouvant recevoir un liquide, autres que ceux prévus par les articles H.2.10, et H.3.1.3.1.1 quand ils s'appliquent, sont interdits à bord des voiliers entre l'heure affichée au tableau officiel (voir H.1.2) et leur retour au poste d'amarrage après la dernière course. Les sacs étanches sont autorisés pour les effets personnels et/ou la pharmacie.
Le volume des autocuiseurs est limité à 5 litres.
SUR LES CONTRÔLES
H.1.2. CONTRÔLES ET VÉRIFICATIONS AUX ÉPREUVES (voir B.2.8.)
Les bateaux devront impérativement être en configuration de course, c'est-à-dire de pesage, pesage des poids embarqués, contrôles et vérifications, au plus tard à l'heure précisée au tableau officiel. Cette heure, ou le délai avant le signal d'avertissement prévu, sera affichée avant 18h00 la veille du jour où elle prend effet, ou dans la demi-heure qui suit la décision de modification du programme quand celle-ci intervient après 18H00. Le pesage se fera au maximum 3 heures avant le signal d'avertissement ou 1h30 avant l'heure prévue par la Direction de Course d'appareillage des bateaux.
Après cette heure, aucun matériel, vivre ou boisson ne devra être embarqué sur les bateaux, ni débarqué.
SUR LES PÉNALITÉS
H.9.6. Autres infractions : Des infractions avérées aux articles des règles de Classe non prévues ci-dessus devront également donner lieu à l'application d'une pénalité minimum de 1 minute par tranche de 100 milles si le classement est basé sur le temps ou une pénalité minimum de 10 % du nombre d'inscrits au classement général final si le classement est par point.
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Vous pouvez télécharger ici en pdf l'intégralité des Règles de la Classe Figaro
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02/05/2011 - 16:26
Lunven rétrogradé à la 5e place pour une bouteille isotherme de 1,2 litre !
Coup de théâtre sur la Transat Bénodet-Martinique. Nicolas Lunven, vainqueur pour 165 secondes, vient d’être pénalisé de 35 minutes par le jury pour avoir embarqué, en plus des 25 litres d’eau réglementaires, une bouteille isotherme. Résultat : le voilà 5e – et Thomas Rouxel premier.
27/04/2011 - 19:43
Lunven, Rouxel et Tabarly dans un mouchoir de poche !
Mardi 26 avril, l’arrivée de la Transat Bénodet-Martinique (ex-BPE) ressemblait plus à du match-race qu’à une arrivée de transat… Après 3 500 milles de course, l’écart entre les cinq premiers était de moins de 25 minutes ! C’est finalement le Breton Nicolas Lunven, vainqueur du Figaro 2009 qui l’a emporté devant Thomas Rouxel et Erwan Tabarly… Images vidéo d’un finish au couteau et réactions du top 5.
26/04/2011 - 21:48
Nicolas Lunven, vainqueur pour 165 secondes !
Transat hallucinante ! 3 474 milles entre Bénodet et Fort-de-France parcourus à près de 8,93 noeuds de moyenne, sur des Figaro lancés à pleine balle dans les dépressions et les alizés. Finish dingue, sur le fil et au match-race pour un Nicolas Lunven (Générali) qui démontre une nouvelle fois son exceptionnel talent et une combativité hors norme !
Vos commentaires
Merci pour cette enquête "froide", raisonnée, qui cherche à établir des faits avant que de laisser parler l'émotion. Reste le sentiment d'un immense gâchis... créée pour ainsi dire par les coureurs eux-mêmes ! Bravo à Nicolas et à ses poursuivants pour leur course magnifique et serrée. C'est cela qu'il faudra retenir. Mais il faudra aussi que les Figaristes se souviennent aussi de cet épilogue pour faire bouger les choses ! Yen'
Merci Yendegaia. L'idée ici était en effet de dépasser le cadre de l'incrédulité, de la tristesse - bref de l'émotion - pour tenter de donner des faits, d'abord des faits. C'est bien notre premier travail de journaliste : de l'information, pas de l'opinion. Ou en tout cas pas en premier lieu. Ce qui ne nous empêche nullement de ressentir une immense tristesse pour Nicolas : sa victoire était magnifique - et honnêtement acquise. Espérons que les coureurs et leur Classe vont rapidement se réunir pour faire évoluer certaines règles - ou à tout le moins la façon de les faire appliquer ou de les sanctionner. Amicalement, Hervé H, V&V
peut etre faut il envisager maintenant une pénalité pour les skippers de gros gabarit en cas de gros temps ou le poids au vent est un avantage et vis et versa avec les poids légers dans le petit temps ???
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette appréciation "qu'il faudrait à tout prix ne pas se laisser guider par l'émotion" et que seule la règle est toujours bonne. Heureusement qu'un certain Général, à une certaine époque où il était au ban de la nation, a su résister. Et cela même si ce sont les coureurs qui se sont mis eux mêmes dans cette galère à force de suspicion et de rèlements de plus en plus tordus. Dans la réalité des faits, comme peut on appliquer à un coureur une pénalité basée sur un facteur de distance (3500 milles) alors qu'il a corrigé cette abominable faute dans la demi heure aprés l'heure de début de mise en configuration course. Et qu'il n'a donc en rien pu bénéficier de quoi que ce soit en étant encore à quai. Prendre des textes à la lettre, c'est bien sûr plus facile, mais tellement plus lache. Et pour l'avenir, n'oubliez pas de plomber vos sacs TPs et de faire des trous dans la combinaison! Trés déçu pour les coureurs, pour la course Jean Marie Vidal
Bonjour Jean Marie, Notre article n'affirme pas que "seule la règle est bonne". Hervé (Hh) signalait seulement que notre travail est d'abord d'exposer les faits, afin que chacun puisse comprendre - et interpréter s'il le souhaite - cette histoire complexe. Vous vous étonnez qu'un jury puisse sanctionner un coureur ayant "corrigé son abominable faute" avant le départ. Mais la règle retenue par le jury prévoit bien que le seul fait de ne pas être en conformité à l'heure dite est une faute, dont la sanction ... est une pénalité incompressible. Selon la règle - édictée par la classe - le fait d'avoir corrigé le surcroît de contenants mobiles avant le départ n'annule pas la faute. Le jury n'avait pas d'autre choix que d'appliquer une pénalité d'un minimum d'une minute (et cela indépendamment du bénéfice que le coureur ait tiré, ou pas, de sa faute), ou classer l'affaire s'il estimait que l'instruction des faits n'établissait pas la faute. De grâce, ne sortons pas le Général de sa tombe, vous ne demandiez tout de même pas aux arbitres (ou aux journalistes ?) d'entrer en résistance contre l'infamie ? Il n'est pas nécessaire non, plus, de mon point de vue, d'en rajouter sur la TPS : les règles, consultables en intégralité en fin d'article, range la combinaison de survie hors tout quota de poids . C'est justement ce que nous avons voulu éviter, dans notre explication de l'affaire : les effets de manche et les arguments polémiques. Très cordialement, Frédéric Augendre
Une précision, sur mon commentaire ci-dessous. Dans un raccourci, j'ai parlé d'une pénalité incompressible d'une minute. Je parlais évidemment du tarif d'une minute par tranche de cent milles de course.
Les Champions des Ralleurs !!!!!! Ridicule les Aus Nzl et Esp se marre . Trop petits esprit pour des gens du Llarge ! Meme Olivier de Kersauson n'aurrait pas pu vous raconter celle la !
Ah, le règlement ! Bien sûr il en faut mais ensuite il faut essayer d'évaluer la notion de faute et non se référer "bêtement" à ce règlement. Nicolas a-t-il réellement tenter de tricher ? Bien sûr que non ! L'absence de ce contenant aurait-il modifier le résultat ? Bien sûr que non ! Alors, comme toujours, il y a la règle et l'esprit de la règle. Dans ce cas , très précis, il semble que l'esprit n'a pas prédominé ! Les juges l'ont-ils perdu ?????
Je ne vois pas en quoi cette gamelle a pu fausser de la plus petite manière le résultat. Il y a quelque temps de cela, Monsieur de Montesquieu a écrit un livre intitulé "de l'esprit des lois". Il faut en recommander la lecture aux membres du jury. Ou leur greffer un cerveau. Et je me moque complètement de qui soit le gagnant.
Quand l'interprétation d'un point particulier du réglement change, cela conciste de facto à changer un point de ce reglement. Le même jaugeur qui avait accepté la présence de cette boite isotherme dans une précédente course sans y trouver à redire, et ses collègues pour les 16 autres bateaux de cette course se devait de constatater l'infraction nouvellement décidée, proclamer cette infraction et faire mettre tous les bateau en conformité. Cela s'appelle etre responsable, équitable et permet de ne pas se faire prendre pour un "inconséquent" en declarant tricheur 17concurents. Jean-Christophe
Après la coupe de l'America au tribunal, voilà la Transat Bénodet Martinique au jury ... Où va la voile ?! Bravo en tous cas à Nicolas Lunven !
Il y en a marre des ARBITRES, qui jugent que sa gamelle pour manger peut contenir 1,5 kg pour matosser sur une transat, marre des ARBITRES qui ne voient rien au foot, MARRE des ARBITRES comme l' évoque Sébastien CHABAL . . .
heureusement, le ridicule ne tue pas!! le respect des règlements n'interdit pas un minimum d'intelligence quand aux conséquences d'une interprétation! Il semblerait que ce minimum est encore trop élevé pour certains! Peut être un peu de concertation avec les 5 suivants aurait été souhaitable! Leur demander si oui ou non il fallait appliquer le règlement et que le règlement n'était-il pas envisageable? Bernard
D'une façon générale, deux données sont à mettre en balance sur le trébuchet juridique: la Loi et l'esprit de la Loi. Il semblerait que dans ce cas douloureux, seule la Loi compte.
Vous savez la meilleure ? Le jury n'a pas trouvé de billets de retour de la Martinique. Ils seront légèrement en retard (trois semaines au plus) pour juger en Métropolel l'arrivée de la Solo Concarneau. ;-) Yen'
Solo Concarneau que vient de remporter Adrien Hardy sur Agir Recouvrement, devant Fred Duthil (Sepalumic) et le bizuth Xavier Macaire (Starter Active Bridge). Hervé H, V&V
La cuvette des WC est-elle considérée comme récipient pouvant recevoir du liquide et devrait donc être interdite ? Il ne faut pas oublier la raideur supplémentaire qu'apporte une telle cuvette pleine située au vent...!
il a été écrit il y à longtemps , au début de la classe Figaro' "" la jauge est très simple , tout ce qui n'est pas autorisé est interdit "" il est donc regrettable qu'un acteur de premier plan de la classe ait "négligé" ce postulat et que son déclassement soit si spectaculaire , conséquence de la haute qualité de tous les compétiteurs - Avant le départ j'avais lu qu'ils étaient une dizaine à pouvoir prétendre à la victoire !!!! merci à tous pour le spectacle , le suspens et les images - yhooo
C'est vraiment débile des réglements comme celui-ci, bientôt on va imposer aux coureurs du Vendée Globe de n'embarquer de la nourriture que pour 50 jours puis le reste ce sera "disette", on en vient à marcher sur la tête. J'ai vu pour de petites couses-croisières des équipages débarquer les planchers, les portes de cabines et tout ce qui pouvait se démonter pour gagner du poids dans l'espoir de gagner, même au détriment de la sécurité, on embarque plus d'ancre. Tout ceci m'a dégouté de la moindre petite régate, et vive la croisière libre !!!!!!! Où est l'esprit : Un bateau, un Océan, un départ, une arrivé, entre les deux on se débrouille. Le fric , une fois de plus dénature totalement l'esprit et pour ma part je ne verserai pas un seul centime pour ce genre de chose et tout le monde peut crever, je ne verserai pas une larme!!!
l'attitude du jury et comité de course est lamentable. Il ne s'agit pas d'une manche du challenge d'hivers ! rétrograder de la 1ere à la 5° place d'une transat c'est autre chose. De plus obliger le le gars à refiler une de ces bouteilles d'eau ! heureusement qu'elle ne lui a pas manqué ! en fait Nicolas Lunven a fait la transat dans les règles. cette décision est contraire à l'esprit de la voile. Joel LE BIS
Franchement, déclasser Nicolas Lunven de la 1ère place à la 5 ème place relève de la "folie". N'a t on pas le droit de manger chaud ! Matosser, éventuellement, avec une assiette, ne permets pas de gagner 4 places, surtout que Nicolas avait "réparé". le jury ne s'honore pas et ne rend pas service à la Voile avec de telle décisions. ( analyseurs de crottes de mouches ?) Je suggère au jury de se reconvertir en jury de courses de caisses à savon...
Peut-être qu'il faudrait se poser la véritable question : pourquoi les règles sont-elles de plus en plus plus pointilleuses et strictes ? Je pense que les coureurs (qui font leurs propres règles) connaissent la réponse. Timindia
C'est un résumé dépassionné des faits. Ce texte ressemble à une sorte de couvercle soigneusement posé sur une véritable cocotte minute. A quoi bon tenter de retarder l'explosion? Ce jury est digne de l'inquisition. Ses procédés sont douteux : change la jurisprudence et donc les règles du jeu pendant la compétition. Luven joue l'apaisement mais il serait fondé à attaquer cette décision devant une juridiction civile. Ce changement d'interprétation de la règle est une injustice. Cela confine tout simplement à la roulette russe. C'est absurde.
SUITE : Tout cela est aussi l'aboutissement d'un esprit de classe très Figaro. Tout le monde est à égalité dans la rédaction et le respect du règlement. Les plus fervents créateurs et défenseurs du règlement ne sont pas toujours les plus performants sur l'eau. Chercheraient t'ils par ce règlement "à la lettre" des moyens de se donner une chance malgré la suprématie incontestable de quelques ténors sur l'eau? Toute loi a un esprit et une lettre. L'objectif est le respect de l'esprit et non de la lettre. Seul les règlements faibles, contradictoires ou injustes s'appuient sur le respect de la lettre. Pour le cas Luven, l'injustice est évidente et clamée par son poursuivant. Le jury s'est donc lourdement fourvoyé, et tout la classe Figaro avec lui. Encore une incarnation des esprits faibles face à une réalité complexe, et difficile à accepter pour ceux qui ont peu de prise sur elle... Tous mes Vœux à Nicolas et toute ma reconnaissance et mon admiration pour sa victoire bien réelle.
C'est bien ces envolées lyriques sur l'esprit de la règle et lettre de la règle. Alors je vais préciser ma pensée (voir commentaire supra) : si les coureurs cherchaient moins à transgresser la dite règle et plus respecter l'esprit de la compétition, sans chercher à tricher peut-être que de tels choses ne se produiraient pas. Je ne parle pas bien sur de l'affaire présente, mais d'un contexte général où il est fréquent de voir des équipages tentés de "s'arranger" avec le réglement (cf quelque cas épineux lors du Tour de France à la Voile comme le matossage du radeau de survie...) Timindia
"Solo Concarneau que vient de remporter Adrien Hardy sur Agir Recouvrement, devant Fred Duthil (Sepalumic) et le bizuth Xavier Macaire (Starter Active Bridge)." Pour le moment!! Rien n'est moins sûr comme c'est le même jury avec encore plusieurs jours de retard... Adrien Hardy sera-t-il vraiment 1er? Ou 5ème? On a cru voir sur son bateau une canette de cola en trop lors du départ! Bravo à lui ceci dit. On y croit cette fois-ci!! Ou pas.
Il serait appréciable qu'au lieu de se pignoler sur des conneries comme la présence ou non d'un article comme une gamelle isotherme à bord, que ces messieurs les juges et jaugeurs se penchent plutôt là ou il y a du boulot pour mettre tout le monde sur un même pieds d'égalité, à savoir, avoir des bateaux strictements identiques et pas certains "de série" et d'autres customisés, à commencer par la quille et autres éléments importants qui sont largement modifiés par les courreurs qui vont jusqu'à faire exprés de talonner pour avoir le droit de déquiller et refaire une quille "custom" qui sera plus efficace mais qui passera à la jauge quand même!!! N'y aurait il pas là un abcès à crever?
Des noms, des faits précis, des lieux, des dates ! Pour crever un abcès, encore faut-il qu'il existe... alors, ouvre le dossier ! Yen'
15 bateaux contrôlés sur 17... Il ne serait pas beaucoup plus compliqué de contrôler tout le monde... Une combinaison de survie pleine d'eau de mer, ça pèse combien??? 100kg ou plus... Ne pourrait-on proposer que chaque skipper déclare tout ce qu'il embarque un certain temps avant le départ, que cet inventaire soit contrôlé sur papier avec d'éventuelles demandes de modification, puis, qu'il y ait des vérifications par sondage et que les fausses déclarations soit alors sanctionnées par l'interdiction de prendre le départ.