En 22 mois, Kathrin et Uwe ont effectué une circumnavigation peu ordinaire à bord de leur Bavaria 44 standard, puisqu'ils ont commencé par une transat Gibraltar-Açores-Groenland et enchaîné sur le passage du Nord-Ouest ! Premières impressions à leur retour en Grèce...
Note :
Dernier bord de largue sous génois seul, pour Perithia, en route vers la marina Gouvia (Corfou) après 38 000 milles d'un tour du monde au parcours aussi étonnant qu'unique.
Photo © Jean-Luc Gourmelen
De notre envoyé spécial à Corfou, Jean-Luc Gourmelen. Expédié le 6 mars de Port Saïd, juste après avoir franchi le canal de Suez en pleine révolution égyptienne, le dernier courriel en provenance de Perithia disait : <We will arrive in Corfou, Marina Gouvia, on the 16.03.2011 at 14h00>. Laconique mais précis !
A 13h30, donc, par 18-20 noeuds de Sud qui lève un clapot court et déferlant, nous voici devant Corfou, à rechercher une voile qui remonte vers le Nord. Un quart d'heure plus tard, un mouton qui grossit à vue d'oeil se transforme peu à peu en génois déroulé au deux tiers... C'est lui ! C'est eux !
Au portant sous génois seul, capote et bimini à poste, on dirait qu'il revient d'une balade estivale et locative à Paxos. Le temps que la fanfare locale se mette en ordre de marche et qu'une poignée de proches se rassemble devant la capitainerie, voici Perithia qui se présente devant le quai d'honneur.
Très motivés, mais peu expérimentés au départ, Kathrin et Uwe ont appris au fil des milles. Une bonne dose de bon sens et de pragmatisme leur a permis de se sortir de toutes les situations délicates rencontrées.
Photo © Jean-Luc Gourmelen
Rayonnants et souriants, Kathrin et Uwe Petraschek semblent aussi surpris que touchés par cet accueil en fanfare.
Peu sensibles aux codes vestimentaires du Yachting - ni Docksides éculées, ni vêtements techniques logoïsés, ni blazer à boutons dorés -, ils se fondent rapidement dans la population des terriens.
De même, leur croiseur de production standard en polyester s'intègre aisément au sein de la cohorte de ses confrères qui remplit la majeure partie de la marina de Gouvia. Même passerelle arrière hissée le long du pataras, même gréement simple (génois et grand-voile sur enrouleurs), même ancre à poste sur le davier... Et pourtant, ce Bavaria 44 vient d'effectuer 38 000 milles en 22 mois !
Transat Gibraltar-Açores-Groenland ventée, passage du Nord-Ouest avec slaloms entre les icebergs, talonnage et échouage à la clé, Tsunami vécu au Mexique (panneaux de pont arrachés, hélice perdue, etc), traversée délicate de l'océan Indien alors que leurs voisins danois sur ING se font capturés par des pirates (et sont encore, à ce jour, entre leurs mains), remontée de la mer Rouge vent dans le nez et passage du canal de Suez alors que l'Egypte entre en ébullition/révolution... Il y a tant à raconter !
Ce que nous allons faire dans un prochain numéro de Voiles & Voiliers, sans concessions et sans oublier tous les aspects techniques qu'une telle navigation implique sur le bateau lui-même et sur les équipements embarqués. Sans, ici, rentrer dans le détail, on peut déjà dire que le dicton populaire <plus c'est simple, mieux ça marche !> demeure extrêmement pertinent.
Quant à Kathrin et Uwe, ils vont retrouver dès le 1er avril le commun des terriens dans leur petit village proche de Leipzig, ainsi que leurs emplois respectifs d'institutrice et d'artisan dans le bâtiment. Heureux qui comme Ulysse...
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